LES BASES DU COUP DE PAGAIE EN OC1 (PIROGUE)

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Les bases de la techniques de rame en OC1 (pirogue)

Les différents muscles et parties du corps sollicités 


Après analyse, le coup de pagaie en OC1 est l’assimilation de techniques de rame connues. Celle du canoë : ceinture scapulaire, des membres supérieurs et tronc.  Celle du kayak surfski ou course en ligne : Membre inférieur et bassin.


Pour expliquer le coup de pagaie, on se basera dans cet article sur : la main supérieure (celle qui tient l’olive), la main inférieure (qui tient le manche), le buste, le bras inférieur et le bras supérieur (respectivement à chaque main) ainsi que le bassin et les jambes.




Un coup de pagaie efficace expliqué en 4 phases

  • P1 : Position d'attaque 


- Le bassin est en antéversion,
- Le buste légèrement penché sur l’avant (ligne des épaules au-dessus de celle du bassin).
- Posture de départ de la rotation des épaules, du buste et du bassin : engagement sur l’avant du côté de la main inférieure. 
- La jambe côté main inférieure est fléchie (hanche avancée) et l’autre jambe est en tension. 
- Le bras supérieur est 1/3 fléchi.
- La main supérieure se situe à la verticale de la main inférieure
- Le bras inférieur est tendu mais pas en buté articulaire (angle à +- 170°)
- La main inférieure le plus proche de la pirogue



  • P2 : Mise en action, traction/propulsion 

La propulsion se définie par la force qu’exerce le piroguier dans la rame. Afin que la propulsion soit la plus efficace possible, le rameur doit utiliser ses muscles les plus puissant et transmettre sa force à son embarcation

- Initier la traction par la rotation du dos des épaules et du bassin avec la poussée de la jambe côté coup de pagaie (pédalage). 
- On évite le redressement du buste afin d’éviter que la pirogue dauphin. 
- Une fois la rotation du buste et des hanches arrivées à un point neutre, on termine par la traction avec le bras inférieur
- La main inférieure est toujours le long de la pirogue 
- La main supérieure est la plus fixe possible, elle ne doit pas tomber sous la ligne d’épaule.  




  • P3 : Sortie d’eau 

Afin de ne pas “tasser” la pirogue (dauphine), la pale doit être sortie de l’eau avant le bassin de manière à ne pas appliquer de force vers le bas. Tout action de la rame derrière le bassin va ralentir la pirogue. 

- Le buste et les épaules sont en position neutre (fin de la rotation)
- La main supérieure se décale légèrement sur le côté opposé à la pale. Elle n’est plus dans le même axe que la main inférieure
- La main inférieure initie la sortie de la pale dès les genoux afin que la pâle soit sortie au niveau de la hanche.
- Le bras supérieur est toujours 1/3 fléchi et se tend vers le haut à la sortie de la pale.
- Lors de la sortie de la pale, on casse le poignet pour lui permettre de sortir sur le côté


  • P4 : Retour aérien 

Durant cette phase, le rameur a pour objectif de se replacer au mieux pour la phase 1. 
Il est primordial d’être le plus relâché possible afin d’être le plus efficace dans la durée. 
- La main supérieure reste au niveau de la ligne d’épaule
- La main inférieure retourne vers sa position d’attaque en étant relâchée et sans monter au-dessus du sternum.  
- Le bras inférieur qui est fléchi va venir se tendre vers l’avant 
- Le buste et les épaules réengage la rotation vers l’avant.


Faut-il changer régulièrement le côté du coup de pagaie en OC1 comme en V1 ? Quand, Comment, Pourquoi ? 

En OC1 comme en V1 il est nécessaire de changer régulièrement le coté de son coup de pagaie. Toute fois ce n’est pas pour les mêmes raisons. Le gouvernail en OC1 facilitant la direction, on change de coté de coup de pagaie pour s’économiser musculairement et dans certains cas, faciliter son départ au surf. Globalement, changer de côté permet de retrouver de la fraîcheur et plus de dynamisme. Dans des conditions plates il faut varier entre 10 et 15 coups, à chacun de trouver le moment où il est le plus à l’aise. Au-delà, on est moins efficace (fatigue musculaire). En dessous, il y a une perte d’efficacité dans la propulsion car bien souvent le premier coup de pagaie est moins efficace dans le dynamisme et l’amplitude. 


Les points clés pour avoir une propulsion efficace

- Pagayer devant soi : pour que le coup de pagaie soit efficace, l’impulsion doit se dérouler dans l’eau à la verticale et devant le pagayeur.
- Créer un appui : L’ensemble pagayeur pagaie pirogue se déplace selon la force qu’applique le pagayeur sur l’appui qu’il a créé sur la pale. Le but étant que ce soit le bateau qui avance par rapport à la pagaie (l’appui). Il est important d’avoir en tête l’idée d’un point fixe sur lequel on se tracte : une fois dans l’eau (P1) la pagaie ne bouge plus, c’est la pirogue qui va vers l’avant. 
- Accélérer la pagaie dans l’eau en gardant un coup de pagaie continu et fluide. 



Améliorer son coup de pagaie :

L’amélioration du coup de pagaie (de sa technique) passe par la dissociation du mouvement. Lorsque vous pagayez en continue, c’est un automatisme, si vous souhaitez modifier votre coup de pagaie, il faut casser cet automatisme en vous concentrant sur un point précis et de votre technique et non pas dans sa globalité.
C’est-à-dire qu’il faut se concentrer seulement sur un ou deux points techniques (par exemple : la posture et la poussée de jambe, la main supérieure et la rotation du dos, etc).
Il est important lorsque que vous travaillez votre technique de profiter des conditions plates pour se concentrer seulement sur son mouvement. 


Quelques exemples d'exercices

- L’appui : pour travailler la création de l’appui, on peut varier la taille de sa pagaie et de sa pale. On fait souvent l’erreur de prendre une pale trop grosse qui donne l’impression d’un appui. Mais souvent, le pagayeur n’a pas les capacités physiques pour exploiter la pagaie. On peut donc se fixer quelques entrainements avec une pale plus petite qui permet de se concentrer et de sentir l’appui. 

Plus simplement, on peut, sur de petite période (5x 1min par exemple) modifier la position de la main inférieure pour changer les levier (la rapprocher de la main sup) et sentir un appui différent. 
- Sentir l’importance de la transmission : Ramer les jambes regroupées (les talons aux fesses) permet de sentir l’importance de la transmission par les jambes. 
- Position d’attaque : Réaliser un temps de pause (1 à 2s) dans la position d’attaque (P1) en l’aire avant de planter. Cela permet de se concentrer sur la posture et sur la prise d’appuie
- Garder la main supérieure fixe : On peut, sur une petite période (5x1min) par exemple, pagayer en gardant la main supérieure collé au front, cela vous oblige à avoir la main au niveau des yeux (en exagérant). 


Adapter son coup de pagaie 

Avoir une bonne technique de rame est important pour être efficient (avoir une rame efficace et une dépense énergétique faible). Toute fois, n’oublions pas que les forces de l’Océan sont bien plus importantes que celle de nos épaules. Notre technique et notre force ne sont qu’une aide pour attraper les bons bumps ou alors, avancer sur le plat.


Merci à Éric Bertin pour son aide.






Posté par Luc Cividino

Luc Cividino
Spécialiste du kayak de course en ligne, entraineur et moniteur de kayak eau calme eau vive, je m'intéresse aujourd'hui au monde de la pirogue et à sa pratique. Specialist of flatwater kayaking, training coach and kayak instructor, I am interested today in outrigger canoe and his practice.

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